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Le silence des organisations musulmanes suisses face à l’attentat de Berlin

7 sept.
2 min de lecture

L’attentat islamiste du 25 juillet 2026 contre la Marche des fiertés de Berlin a une fois de plus mis en évidence une réalité trop souvent occultée. Un partisan de l’État islamique a foncé dans la foule et attaqué à l’arme blanche des personnes réunies pour défendre la liberté d’être soi-même. Une morte, des dizaines de blessés. Les autorités allemandes ont qualifié les faits d’attentat terroriste islamiste. En Suisse, les imams, les mosquées et les instances faîtières sont restés largement, si ce n’est totalement, silencieux.

 

Ce silence n’est pas accidentel. Il découle directement d’un conflit doctrinal.

 

Condamner clairement un tel attentat, c’est nécessairement prendre position sur les textes qui le rendent théologiquement possible. Le Coran condamne à plusieurs reprises le peuple de Loth pour avoir « approché les mâles » (7:80-81 ; 26:165-166 ; 27:54-55 ; 29:28-29). Les hadiths prescrivent des peines allant jusqu’à la mort pour les actes homosexuels (Abou Dawoud 4462 ; Tirmidhi 1456 ; Ibn Majah 2561 : « Celui que vous trouvez en train de commettre l’acte du peuple de Loth, tuez-le, lui et celui à qui c’est fait »). Les écoles juridiques classiques en ont tiré les conséquences pendant des siècles. Les djihadistes ne font qu’appliquer ces sources, comme bon nombre de gouvernements musulmans.

 

Les organisations musulmanes suisses se trouvent donc devant un choix net :

  • Se taire ou se réfugier dans des formules vagues pour préserver l’autorité des textes et de la tradition.

  • Ou nommer explicitement l’idéologie, la cible et les fondements scripturaires, ce qui revient à admettre qu’une partie substantielle de l’héritage islamique classique est incompatible avec les principes démocratiques suisses.

 

Dans les faits, c’est la première option qui l’emporte. En se taisant, ces organisations manquent à l’exigence de compatibilité avec notre démocratie et ses valeurs. En prenant position jusqu’au bout, elles se placeraient en incompatibilité avec leurs propres textes fondateurs. Le choix pratique est celui de la primauté de la référence religieuse sur la référence démocratique.

 

Il existe bien des musulmans individuels qui rejettent la violence et souhaitent vivre pleinement dans le cadre suisse. Mais une communauté n’est pas réduite à ses éléments les plus libéraux. Elle est structurée par des institutions, des prêches, des associations et, surtout, par des textes qui n’ont jamais fait l’objet d’une réforme collective et substantielle. Une telle réforme – qui déclarerait obsolètes les peines et les interdits qui inspirent encore les extrémistes – n’est, dans l’état actuel de l’islam majoritaire, tout simplement pas envisageable.

 

Sans ce changement impossible, la Suisse abrite une autre société qui, dans ses structures et ses références normatives, ne peut pas pleinement respecter notre démocratie.

 

Une démocratie qui refuse de regarder ce conflit doctrinal en face prépare les conditions de sa propre érosion. La primauté de la loi démocratique sur toute norme religieuse n’est pas négociable.

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