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Faut-il étendre l’interdiction des symboles nazis à l’islam?

  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

En Suisse, l’article 261 bis du Code pénal réprime l'incitation à la haine et les discriminations, tout en condamnant la justification ou la minimisation d'un génocide ou d'autres crimes contre l'humanité. Récemment, le gouvernement fédéral a proposé de renforcer la législation en interdisant explicitement l’affichage public des symboles nazis, avec des amendes sur place. Des projets cantonaux vont plus loin en visant les symboles d’« idéologies de haine ».

Une question dérangeante se pose par souci de cohérence : si nous bannissons les manifestations d’une idéologie de haine et de suprématie, pourquoi ne pas examiner avec la même rigueur les appels au totalitarisme, à la haine, à l’intolérance et à l’ostracisation des non-musulmans contenus dans le texte coranique lui-même ?

Contrairement à une vision idéalisée, le Coran n’est pas un livre de paix et de tolérance. Il contient des passages clairs, surtout dans les textes de la seconde période, soit les sourates médinoises écrites après l'exil de Mahomet à Médine, qui marquent le début du pouvoir politique de l'islam et qui ordonnent le combat contre les non-croyants dans des versets qui appellent explicitement à la violence et à la domination.

Ce projet politique se traduit par des commandements précis :

  • L'élimination des polythéistes (9:5) : il ordonne de traquer, capturer et tuer les non-monothéistes, à moins qu'ils ne se convertissent à l'islam.

La soumission des chrétiens et des juifs (9:29) : ce passage impose la guerre aux autres religions jusqu'à ce qu'elles acceptent une domination politique et paient un impôt en position d'infériorité ; en cas de refus de cette soumission, l'issue finale est la mort.

  • Le rejet de l'assimilation (5:51) : il interdit formellement aux croyants de nouer des alliances ou des amitiés avec les juifs et les chrétiens, instaurant une barrière sociale stricte.

Au-delà de ces ordres, le Coran instaure une division inégalitaire de l'humanité : il place les musulmans au-dessus des autres en qualifiant les « mécréants » de « plus vils des êtres » (98:6), tout en fixant l'objectif de combattre jusqu'à ce que la religion soit entièrement dédiée à Allah (2:193 et 8:39). Quant aux passages tolérants souvent mis en avant, comme le célèbre « nulle contrainte en religion » (2:256), ils s'effacent devant une règle théologique simple : en cas de contradiction, la théologie musulmane classique considère que les versets fixant le statut politique et guerrier final annulent ou limitent la portée des passages plus tolérants.

Loin d'être anecdotiques, ces textes fondent un véritable projet de société totalitaire qui se traduit par la suprématie de la loi divine sur les lois humaines, la création d'une citoyenneté de seconde zone pour les non-musulmans, et l'interdiction absolue de critiquer la religion ou de la quitter. Dans ses effets concrets, ce système s'apparente à une idéologie suprémaciste théocratique plutôt qu'à une simple foi privée.

En Europe, les enquêtes d’opinion révèlent qu'une part importante de la population musulmane, particulièrement chez les jeunes, place désormais les lois religieuses au-dessus des lois démocratiques. Cette vision se traduit par une hausse mesurable d'une intolérance radicale envers les apostats et les critiques de l’islam, ainsi que par une augmentation de l’antisémitisme et de l’homophobie.

La plupart des musulmans ne sont pas des littéralistes violents, mais le texte demeure le problème majeur. Certes, la pratique quotidienne de millions de musulmans s'appuie sur une contextualisation historique de ces passages. Mais le cœur du problème réside dans la nature même du dogme, plus particulièrement dans ces textes violents immuables et sacralisés. Des courants fondamentalistes influents s’en emparent pour légitimer la théocratie, les guerres de conquête et le rejet de l'Occident.

L'asymétrie entre ces deux menaces est évidente. Le nazisme constitue aujourd'hui un phénomène résiduel dont les manifestations publiques relèvent de la provocation ou de la mémoire idéologique. À l'inverse, l'islamisme, ancré dans une lecture littérale du texte coranique, représente une force politique contemporaine en pleine expansion, qui conteste activement les structures démocratiques par l'action terroriste, le séparatisme sociétal et une pression constante sur les libertés individuelles.

Sur le plan de la cohérence historique, ce rapprochement n'a rien d'artificiel. Adolf Hitler lui-même n'a jamais caché son admiration pour la rigueur de l'islam primitif et sa convergence idéologique avec le Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, unissant dès les années 1940 le totalitarisme européen et le fondamentalisme islamique autour d'un antisémitisme partagé.

Il convient toutefois de distinguer la nature de ces deux systèmes : là où le nazisme déploie une logique explicitement génocidaire fondée sur la race, le Coran applique un projet de domination doctrinale. Il ne trie pas l'humanité selon la biologie, mais exige une soumission théocratique absolue, prévoyant l'élimination physique et le meurtre de ceux qui refusent de s'y plier. Si les critères de sélection diffèrent, la finalité totalitaire et d'éradication devient identique dès lors qu’une lecture littérale inspire un modèle de société incompatible avec les fondements de la démocratie libérale : l’égalité hommes-femmes, la liberté de conscience et la séparation du spirituel et du politique.

L'interdiction des symboles nazis repose sur le fait qu'ils glorifient une idéologie de haine et d'extermination. Dès lors, l'impératif de cohérence interroge la tolérance manifestée, au nom de la liberté religieuse, envers des prêches, des emblèmes ou des publications s'appuyant sur des textes littéraux pour appeler à la soumission des non-musulmans et à l'instauration d'un ordre théocratique. En Suisse, la Confédération applique déjà cette rigueur en interdisant des organisations comme Al-Qaïda ou l'État islamique. La question de l'extension de ce cadre légal aux fondements doctrinaux qui nourrissent ces mouvements doit désormais être posée.

Si l'interdiction globale d'une confession s'avérait contre-productive en victimisant les radicaux et en occultant le cœur du problème, l'impératif de cohérence démocratique commande des mesures concrètes et ciblées :

Bannir les symboles et la propagande des organisations et mouvements liés aux Frères musulmans, aux salafistes et aux wahhabites, au même titre que les emblèmes nazis.

Garantir et protéger la critique ouverte des textes sacrés, en refusant que le blasphème ou l'offense religieuse ne servent de prétexte à la censure ou à l'intimidation.

Rejeter le relativisme culturel qui légitime ou excuse des pratiques intolérantes sous couvert de respect de la diversité.

Exiger la stricte conformité de l'exercice du culte avec les principes constitutionnels suisses, notamment l'égalité des droits et la primauté absolue du droit civil.

En Suisse, pays de culture démocratique séculière, nous avons le droit et le devoir d’examiner si les fondements doctrinaux de l’islam, tels qu’ils sont écrits, sont compatibles avec le modèle de société helvétique. Le nazisme a été vaincu et ses symboles bannis. Face à l’islamisme qui s’appuie sur le Coran pour promouvoir un totalitarisme théocratique, l'intolérance et l’ostracisation des non-musulmans, une lucidité identique s’impose.

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